Les jeunes et la création d'entreprise en Tunisie : état des lieux et perspectives

C’est devant un public intéressé que s’est tenu mercredi 24 avril le second colloque d’AIDONS, dans le cadre prestigieux de la Mairie du 3ème arrondissement de Paris. 

 

En présence d’invités de marque, les thèmes de l’emploi des jeunes et du codéveloppement franco-tunisien ont été débattus et des idées ont été lancées afin de trouver une réponse au problème du chômage qui avoisine aujourd’hui les 17%  en Tunisie selon les chiffres officiels (soit environ 660 000 personnes) mais qui touche en réalité près de 30% de la population dont de nombreux jeunes diplômés.

Après une brève introduction prononcée par Madjid Chaker, Président d’AIDONS, le Consul Général de Tunisie en France, M. Karim Azouz a inauguré les discussions en dressant un portrait réaliste et sans concession de la situation actuelle tunisienne. Après la révolution de jasmin, la jeunesse tunisienne aspire à plus de libertés, à plus d’initiatives. Le développement de la sphère politique a créé les conditions d’un changement profond et c’est, selon le Consul Général, aux élites de porter ce changement.  Les principaux chantiers à mettre en œuvre seraient une réforme du système de formation afin de pouvoir orienter la jeunesse vers des filières porteuses, une réforme du système d’aide au retour à l’emploi, une réforme du service public afin d’en limiter l’hypertrophie et enfin, la mise en place d’une politique industrielle et fiscale plus incitative afin d’attirer les investissements pour développer le secteur privé. La situation tunisienne reste cependant très dépendante de la situation de son partenaire économique privilégié : l’Europe. Aussi tant que l’Europe ne sera pas sortie de sa crise systémique, il sera difficile pour la Tunisie de retrouver une croissance économique forte.

En réponse à cette intervention, Stéphane Gallet, adjoint au responsable du pôle Migrations et Développement auprès du Ministère des Affaires Etrangères français a souhaité présenter l’action des autorités françaises en matière de codéveloppement avec la Tunisie, notamment dans le domaine du soutien à l’emploi. Le pôle Migrations et Développement a pris conscience du rôle important des diasporas dans le développement des pays du Sud. Auparavant orientées autour de projets de développement classiques (urgence, sanitaire, éducation…), les actions des diasporas ont aujourd’hui de plus en plus pour objet la création d’entreprise. Le Ministère a donc choisi de soutenir financièrement ces initiatives en valorisant celles qui s’inscrivent dans les politiques publiques locales et qui favorisent les transferts de compétences. L’objectif final étant l’employabilité des personnels locaux. Dans ce contexte, le Ministère soutient quatre projets en Tunisie, dont celui d’AIDONS, qui contribuent directement au développement économique tunisien. Par ailleurs dans le cadre de l’accord relatif à la gestion concertée des migrations et au développement solidaire, un projet de tremplin pour de futurs entrepreneurs a été mis en place, accompagné d’un partenariat tuniso-français dans la formation professionnelle et d’un Programme Appui à la Création d’Entreprise Innovante en Méditerranée.


Suite à cette présentation des actions de l’administration française, Amine Ben Abdallah, Chef Division au bureau de la coopération internationale et des relations extérieures auprès du Ministère des Affaires Sociales tunisien a souhaité détailler les actions entreprises par le gouvernement tunisien pour favoriser le développement d’activités génératrices de revenus en Tunisie. Il est ainsi revenu sur le rôle déterminant de la diaspora tunisienne qui a envoyé en 2012 près de 1,75 milliard d'euros en direction de la Tunisie et qui a développé 157 projets industriels et 1254 projets dans le domaine des services qui ont créé respectivement 764 et 1917 emplois en 2012. Afin d’encourager ces résultats, le gouvernement tunisien a mis en place plusieurs organismes tels que l’agence de promotion des industries et de l’innovation,  l’agence de promotion des investissements agricoles et l’Office des Tunisiens de l’Etranger qui interviennent notamment pour informer les entrepreneurs tunisiens de l’étranger souhaitant créer une entreprise en Tunisie et qui les accompagnent dans leurs démarches. Des journées d’appui au développement sont également organisées dans les différentes régions du pays pour promouvoir l’investissement régional. Dans le même temps des mesures fiscales ont été prises afin de favoriser l’installation de projets portés par la diaspora, celles-ci consistent en une franchise totale des droits et taxes dus à l’importation de matériel nécessaire à la réalisation du projet mais également à l’exonération des droits de douane et à la suppression de la TVA si les achats de matériel sont effectués localement (sous condition de réalisation du projet). Enfin, M. Ben Abdallah a également souligné l’importance de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration qui a financé 75 projets en 2012 mais aussi du secteur bancaire qui doit encore travailler à faciliter le transfert d’argent et le financement de projets. Cependant, en plus de ces facteurs, c’est la volonté de la société civile qui déterminera le succès de la croissance tunisienne.

Ce fut alors au tour de M. Abdessalem Nagazi, chercheur à l’université de Carthage et président de l’OMEDRH, association partenaire d’AIDONS, de prendre la parole. Durant une présentation détaillée s’appuyant sur de nombreuses études statistiques, il a montré quelles étaient les difficultés auxquelles devait faire face la Tunisie. Il a notamment insisté sur les faibles marges de manœuvre dont disposait le gouvernement étant donné que les charges fixes représentent 75% du budget de l’Etat (25% pour le service de la dette, 25% pour le paiement des fonctionnaires, 25% pour la caisse de compensation). Il a ensuite détaillé la situation économique des régions en insistant sur le fait que, là encore, les disparités étaient extrêmement fortes entre les régions littorales notamment et les régions du Centre-Ouest et du Sud très largement touchées par le chômage. Pour conclure son intervention, M. Nagazi a émis plusieurs propositions afin de favoriser l’emploi. Celles-ci visent à mettre en place des formations professionnelles ainsi que des écoles de métier, à organiser des états généraux de la formation professionnelle afin de parvenir à proposer des métiers et non juste des diplômes, à développer les réseaux transméditerranéens, à faciliter la création d’entreprise par les jeunes et à lancer un  « plan Marshall » de partenariat entre la Tunisie et l’Europe.

 
A l’issue des présentations, M. Madjid Chaker, Président d’AIDONS a tenu à lancer officiellement le projet « Codéveloppement, entreprenariat et solidarité France-Tunisie » qui vise à accompagner 40 entrepreneurs jusqu’à la création de leur entreprise en Tunisie. Déclaration qui a reçu les applaudissements de la salle. Un second projet a également été annoncé : Le Réseau RAMSES. Ce dernier visera à créer un réseau transméditerranéen d’entrepreneurs afin de développer les échanges de produits et services aussi bien que de conseils et de favoriser la création de nouvelles entreprises. 

Le débat succédant aux présentations a été l’occasion pour le public de saluer la qualité des prestations des intervenants mais aussi d’affirmer leur intérêt pour la mise en place de solutions favorisant la création d’emploi et réformant la formation professionnelle. Un jeune entrepreneur a ainsi pris la parole pour affirmer la volonté de la jeunesse tunisienne « de passer à l’action » afin de sortir de la torpeur actuelle et de créer des activités innovantes en Tunisie.


Si comme ce jeune homme vous êtes intéressé par la création d’entreprise, participez au projet d’AIDONS et remplissez la fiche porteur de projet à cette adresse.

 

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2017

Jeudi 16 novembre                  2017

18 h à 19 h

 

INFORMATION SUR L'ACCOMPAGNEMENT

A LA CREATION D'ENTREPRISE

 

Sur inscription, par mail : contact@aidons.eu

 

 

25 octobre 2017

A 18h 30 à la mairie de Paris

Auditorium, hôtel de Ville

Paris 4ème

 

Relation

   France Algérie

 

27 septembre 2017

   Algérie en Mouvement! 

   du 27 au 30 septembre

 

Mercredi 27 septembre         18h30 - 22h

   à la Mairie du 2ème      arrondismt de Paris

17 mai 2017

A 18h 30 au CNAM

292, rue St Martin  Paris 3ème

 

Relation

   France Algérie

 

 

21 février 2017

A 18h 30 à la mairie du 3ème arrondissement de Paris

Relation

   France Algérie

 

 

18 et 19 février 2017

Hotel de Ville de Paris

 

 

2016

15 juin 2016

Le 15 juin 2016, AIDONS a déposé une demande de financement d'un projet en Algérie, dans le cadre du Paris Label Codéveloppement 2016.

 Le projet consiste en la création d'une maison de la jeune entreprise à Alger.

Notre projet n'a pas été retenu parce que l'association n'est pas domiciliée à Paris.

Ce sera chose faite pour 2017.

6 juin 2016

Le 6 juin 2016, AIDONS a déposé une demande de financement d'un projet en Algérie, dans le cadre du PRA/OSIM du Forim.

Le projet consiste en la création d'un centre d'accompagnement et de formation de porteurs de projet en Algérie.     Notre projet n'a pas été retenu. Nous attendons des explications.

18 mars 2016

 

Conférence sur le "Codéveloppement France-Maghreb" 

Salle SRV,

24 avenue Paul Raoult

Les Mureaux 

de 17 à 19h

 

En savoir plus >>

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6 juin 2016